Mes vols sur le Partenavia ont débuté mi décembre. Le rythme est assez soutenu. Je fais en moyenne 10 heures par semaine, parfois six jours sur sept. Le transport des larves devant être fait de bonheur, quand la température est la plus basse de la journée. Je dois donc décoller aux premières lueurs du soleil. C'est l'été dans cette partie du globe, les cumulonimbus envahissent l'espace aérien dès 10h. Il faut impérativement un radar météo sinon tu risques d'être piégé très rapidement dans ces grosses "machines à laver" !

La journée commence très tôt. Je me lève à 4h du matin. Ce rythme a duré depuis un un peu plus de deux mois. Je sors de chez moi quand les poules sont encore en plein sommeil. A 4h45, soit une heure avant mon heure estimée de décollage, la voiture de ramassage se pointe devant mon portail. Un mécano y est déjà, mais il est installé confortablement à la banquette arrière, en train de dormir vraisemblablement. On en ramasse au passage deux autres, et notre agent d'OPS, celui qui calcule nos masse/centrage, et prépare les logs de nav. Le ciel est toujours couvert. Je n'aime pas cette météo. Tu ne sais jamais si tu vas devoir dérouter ou pouvoir rentrer à la base avant que l'orage n'arrive. Comme d'hab, j'embarque assez de fuel pour les imprévisions météo et les minimums règlementaires. L'avion sera chargé à sa masse max.

Aujourd'hui, je vais d'abord à Mifoko et ensuite deux rotations entre là et Besakoa, où je déchargerai mon frêt. Au bout de 35 minutes je suis sur le sol de Mifoko. Le vent est encore calme. Je préfère la piste 11 pour sa pente montante, et la 29 pour décoller. Le tracteur avec ses quelques ouvriers sont prêts pour charger mon avion. A peine les moteurs arrêtés, le tracteur se met en place, les ouvriers à la leur et ils chargent l'avion à la chaîne. En quinze minutes, tout est sanglé, attaché, je remplis mon manifeste et signe leur bon de livraison. Le tracteur s'éloigne aussitôt. Je verrouille la soute et dernières vérifications des freins et des parties extérieures de l'avion avant de monter à bord. Moteur numéro 2 en marche, pression huile, suction OK. Numéro 1 également. Je règle le GPS, la route sur le HSI, les volets sur 10°, et cinq minutes après je suis en l'air.

Le trajet Mifoko-Besakoa est très court, quinze à vingt minutes. Je reste à 2500 pieds. Le matin, l'atmosphère est stable et le vent généralement calme en été. Il n'y a aucune turbulence à cette heure de la journée. Aussitôt en palier, j'enclenche le pilote auto, et je note mes heures de départ et d'arrivée sur ma planche de vol pour les reporter plus tard dans mon carnet. En dessous, la grande baie de la Mahajamba qui s'étend sur des dizaines de kilomètres. Je note également les paramètres, la température extérieure pour le CRM une fois la journée terminée. En un quart d'heure, j'atterris à Besakoa où un autre tracteur attend. Piste dégagée, je m'arrête au parking face au Marshaller</e